Le chlore dans l'eau du robinet :
le dossier pour tout comprendre
Cette odeur qu'on connaît tous, le goût de « piscine » certains jours, les trihalométhanes dont on parle de plus en plus. Pourquoi on chlore, ce qu'en dit vraiment la science, et comment retrouver une eau sans goût.
Ouvrez le robinet, remplissez un verre, approchez le nez : neuf fois sur dix en France, il y a cette petite odeur reconnaissable. Le chlore. On l'a tellement associé à la piscine qu'on l'imagine mauvais, alors qu'il est probablement l'une des raisons pour lesquelles vous n'avez jamais attrapé la typhoïde en buvant l'eau du robinet.
Le chlore dans l'eau potable, c'est une vieille histoire de compromis. D'un côté, il désinfecte et protège l'eau sur tout son trajet, de l'usine jusqu'à votre cuisine. De l'autre, en réagissant avec la matière organique naturelle de l'eau, il laisse un goût et forme des sous-produits, les fameux trihalométhanes, dont on parle de plus en plus. Tout l'enjeu tient dans le réglage de ce compromis.
Ce dossier fait le tour de la question : pourquoi on met du chlore, ce que dit la loi, ce que sont les THM et ce qu'en pense la science, pourquoi votre eau sent parfois plus le chlore l'été, et ce qui marche pour retrouver une eau sans goût. Aux doses françaises, le chlore de l'eau du robinet n'a rien d'un poison. Le sujet mérite qu'on le comprenne, pas qu'on en ait peur.
- Le chlore désinfecte l'eau et, surtout, il est rémanent : il continue de la protéger tout au long des canalisations. Environ 95 % de la population française reçoit une eau chlorée.
- À la dose du robinet (de l'ordre de 0,1 mg/L, une goutte pour cinq baignoires), le chlore lui-même est considéré sans danger : l'OMS place son repère sanitaire à 5 mg/L, cinquante fois plus haut.
- Le vrai sujet, ce sont les sous-produits : en réagissant avec la matière organique, le chlore forme des trihalométhanes (THM). La limite est de 100 µg/L ; l'exposition moyenne française tourne autour de 11,7 µg/L, soit huit fois moins.
- Côté santé, il existe une association statistique entre forte exposition aux THM et cancer de la vessie, mais pas de lien de cause à effet démontré, et le sur-risque apparaît à des niveaux bien supérieurs aux valeurs françaises courantes.
- Votre eau sent parfois plus le chlore l'été : la chaleur, la sécheresse et le temps passé dans les canalisations font monter le chlore combiné et les THM.
- Pour retrouver une eau sans goût : la laisser reposer dans une carafe suffit souvent ; un filtre à charbon actif retient le chlore, son goût et les THM volatils (mesuré sur mon eau : 13,2 µg/L ramenés sous 1). Faire bouillir n'est que partiel.
Pourquoi met-on du chlore ?
Parce que l'eau qui sort d'une usine de potabilisation n'a pas fini son voyage. Entre l'usine et votre robinet, elle parcourt parfois des dizaines de kilomètres de canalisations, séjourne dans des réservoirs, et peut s'y recontaminer. Le chlore a une qualité que peu de traitements possèdent : il est rémanent. Il reste actif dans l'eau et continue de la protéger sur tout le réseau, en tenant à distance bactéries, virus et biofilms. C'est le point clé rappelé par l'ANSES : les deux seuls procédés autorisés pour le remplacer en France, l'ozonation et le rayonnement ultraviolet, désinfectent l'eau à l'usine mais ne la protègent plus une fois dans les tuyaux.
Ce n'est pas une lubie française. Le chlore est le désinfectant le plus utilisé au monde : environ 80 % des eaux de distribution sont traitées ainsi, pour son efficacité, son faible coût et cette fameuse rémanence. En France, d'après l'ANSES, seule une petite minorité de la population, de l'ordre de 5 %, reçoit une eau dite « sans chlore » (une teneur résiduelle comprise entre 0 et 0,05 mg/L). Ce sont surtout des zones de montagne et de petites unités de distribution ; quelques grandes villes, comme Grenoble, Colmar et Mulhouse, distribuent une eau non chlorée depuis des décennies. Pour tous les autres, soit environ 95 %, l'eau est chlorée.
À quelle dose ? Beaucoup moins qu'on ne l'imagine. Le chlore libre résiduel au robinet est de l'ordre de 0,1 milligramme par litre, ce que le Centre d'information sur l'eau résume par une image parlante : l'équivalent d'une goutte de chlore pour cinq baignoires, soit un millier de litres. Si vous sentez le chlore, ce n'est donc pas parce qu'il y en a beaucoup, c'est parce que notre nez y est très sensible. Nous y reviendrons.
Chlore libre, chloramines : le vocabulaire utile
Trois mots reviennent sans cesse dès qu'on parle de chlore dans l'eau, et les confondre mène à beaucoup de malentendus.
- Le chlore libre est la forme active, désinfectante (acide hypochloreux et hypochlorite). C'est lui qu'on dose pour tuer les micro-organismes.
- Le chlore combiné désigne les chloramines, qui se forment quand le chlore rencontre l'ammoniac ou des matières azotées présentes dans l'eau. Ce sont surtout elles qui apportent le goût et l'odeur.
- Le chlore total, enfin, est simplement la somme des deux.
Détail qui a son importance : en France, la désinfection se fait le plus souvent au chlore libre, et non par chloramination systématique comme aux États-Unis. C'est une bonne nouvelle pour le goût, car ce sont les chloramines qui donnent cette odeur tenace de « piscine » dont on parlera plus loin. Retenez ce vocabulaire, il éclaire presque tout le reste du dossier.
Ce que dit la loi
Voici une chose qui surprend souvent : en France, il n'existe pas de teneur maximale chiffrée pour le chlore lui-même dans l'eau du robinet. L'arrêté du 11 janvier 2007 le range parmi les « références de qualité », un critère de confort formulé qualitativement (absence d'odeur ou de saveur désagréable), et non parmi les seuils sanitaires. La logique est simple : la priorité, c'est que l'eau soit désinfectée ; on ne va pas plafonner le désinfectant.
Ce que la loi encadre strictement, en revanche, ce sont les sous-produits. La somme des quatre trihalométhanes ne doit pas dépasser 100 microgrammes par litre, avec l'obligation de viser « la valeur la plus faible possible » sans compromettre la désinfection. À côté, l'arrêté fixe aussi une limite pour le bromate (10 µg/L). Et depuis la transposition de la directive européenne 2020/2184, un nouveau paramètre s'ajoute : la somme de cinq acides haloacétiques (HAA), une autre famille de sous-produits de la chloration, plafonnée à 60 µg/L, dont le respect est devenu obligatoire dans le contrôle sanitaire à compter du 12 janvier 2026.
Comment se situe la France par rapport aux repères sanitaires internationaux ? Plutôt confortablement. L'Organisation mondiale de la santé fixe des valeurs guides qui correspondent à une consommation sans risque toute une vie : 5 mg/L pour le chlore, 3 mg/L pour la monochloramine, 0,7 mg/L pour les chlorates et chlorites. Rapportés à la dose réelle au robinet (environ 0,1 mg/L de chlore), ces repères laissent une marge considérable.
Un mot d'histoire pour situer tout cela, car ces limites ne sont pas tombées du ciel :
- 1908À Jersey City, aux États-Unis, le docteur John L. Leal met en place la première chloration continue d'un réseau public d'eau potable.
- 1911-1916La France adopte le procédé sous le nom de « verdunisation », d'abord à Paris puis à grande échelle pour protéger les troupes autour de Verdun.
- 1974Le chimiste néerlandais Johannes Rook découvre que la chloration forme du chloroforme et les trihalométhanes, en réagissant avec la matière organique de l'eau.
- 1979Les États-Unis fixent la première réglementation au monde d'un sous-produit de désinfection : 100 µg/L pour les THM totaux.
- 2007La France inscrit cette même limite de 100 µg/L dans l'arrêté du 11 janvier, toujours en vigueur.
- 2026La directive européenne 2020/2184 ajoute la surveillance obligatoire de la somme des acides haloacétiques (60 µg/L).
Les sous-produits : les trihalométhanes
C'est là que se joue l'essentiel du débat. Le chlore ne reste pas inerte dans l'eau : il réagit avec la matière organique naturelle, ces acides humiques et fulviques qui viennent des feuilles mortes, des micro-algues et des résidus végétaux. De cette rencontre naissent les trihalométhanes, ou THM, une famille de quatre molécules : le chloroforme, très largement majoritaire, puis le bromodichlorométhane, le dibromochlorométhane et le bromoforme, minoritaires mais jugés plus toxiques.
Où en est la France ? Plutôt bien. L'exposition moyenne de la population, mesurée par Santé publique France sur la période 2005-2011, est d'environ 11,7 µg/L de THM totaux, soit huit à neuf fois en dessous de la limite de 100 µg/L. Les dépassements existent mais restent rares, de l'ordre de quelques dizaines de réseaux sur plus de douze mille contrôlés.
Deux nuances méritent d'être connues. D'abord, la teneur en THM n'est pas figée à la sortie de l'usine : comme la réaction se poursuit dans les canalisations, elle peut continuer d'augmenter en chemin. Une étude française sur trois réseaux a mesuré, selon le point de distribution, une augmentation d'un facteur 1,1 à 5,7 entre l'usine et le robinet, la hausse étant la plus forte aux points les plus éloignés. Ensuite, la géographie compte : près des côtes et dans les zones sous influence marine, le brome naturellement présent oriente la formation vers des THM bromés, plus prévalents et considérés comme plus préoccupants que le chloroforme.
Et la santé dans tout ça ?
Distinguons d'abord deux questions qu'on mélange souvent : le chlore lui-même, et ses sous-produits.
Sur le chlore, la réponse est rassurante. Le Centre international de recherche sur le cancer classe l'hypochlorite en groupe 3 (inclassable quant à sa cancérogénicité), et l'OMS indique qu'aucun effet indésirable spécifique lié au chlore lui-même n'a été observé chez l'homme ou l'animal via l'eau de boisson. Aux doses françaises, ce n'est pas le sujet.
Sur les THM, c'est plus nuancé, et il faut être précis. Le chloroforme et le bromodichlorométhane sont classés par le CIRC en groupe 2B, « cancérogènes possibles ». Attention au contresens fréquent : un classement 2B décrit un danger potentiel, pas un risque chiffré aux doses réelles de l'eau du robinet. La vraie question épidémiologique porte sur le cancer de la vessie, pour lequel plusieurs études trouvent une association avec une exposition longue aux sous-produits de chloration.
Que disent les chiffres ? Une méta-analyse de 2025 estime, pour les personnes les plus exposées, un risque relatif de l'ordre de 1,33 (soit environ +33 %), avec un excès de risque qui devient statistiquement significatif à partir d'environ 41 µg/L. Ses auteurs qualifient eux-mêmes le niveau de preuve de « limité à suggestif ». À l'échelle européenne, une étude de 2020 a estimé à 6 561 le nombre de cas de cancer de la vessie par an attribuables aux THM, dont plusieurs centaines en France. D'autres travaux, fondés sur des expositions historiques plus élevées, avancent un chiffre supérieur.
Le compromis à ne jamais oublier
Il serait facile de conclure « le chlore forme des sous-produits, donc supprimons le chlore ». Ce serait une très mauvaise idée, et c'est le point sur lequel l'OMS est la plus catégorique : le risque lié aux sous-produits de désinfection est extrêmement faible comparé au risque d'une désinfection insuffisante, et l'efficacité de la désinfection ne doit jamais être sacrifiée pour réduire ces sous-produits.
Un exemple le rappelle mieux qu'un long discours : la typhoïde. C'est une infection intestinale grave, due à une bactérie (la salmonelle typhique) qu'on attrape en buvant une eau ou en mangeant des aliments souillés par des matières fécales. Forte fièvre, épuisement, complications parfois mortelles : avant qu'on ne désinfecte l'eau, c'était l'un des grands fléaux des villes. Aux États-Unis, son incidence est passée d'environ 100 cas pour 100 000 habitants en 1900 à 0,1 en 2006, en grande partie grâce à la désinfection de l'eau, que les autorités sanitaires classent parmi les dix plus grandes avancées de santé publique du XXᵉ siècle. Une analyse de référence attribue même à l'eau propre (filtration et chloration) environ 43 % du recul de la mortalité générale et 62 % de la baisse de la mortalité infantile dans les grandes villes américaines de la première moitié du siècle.
La bonne façon de poser le problème n'est donc pas « chlore ou pas chlore », mais « comment garder tout le bénéfice de la désinfection tout en réduisant l'exposition aux sous-produits ». Et cette réduction se joue à deux endroits : dans les usines, qui limitent la matière organique en amont, et chez vous, au dernier mètre. C'est l'objet de la fin de ce dossier.
Pourquoi ça sent plus le chlore l'été
Vous l'avez sans doute remarqué : certains jours d'été, le verre d'eau sent nettement plus le chlore. Ce n'est pas une impression, et ce n'est pas non plus le signe que l'eau est mauvaise. Trois mécanismes se combinent, tous documentés.
La température accélère tout
La formation de THM augmente avec la température de l'eau. Les concentrations sont généralement plus élevées de mai à octobre, et l'eau chaude, plus volatile, libère davantage d'odeur de chlore dans le verre.
L'étiage concentre la matière
Quand les rivières baissent, la matière organique et les bromures se concentrent dans la ressource. Les stations doivent parfois traiter une eau brute plus chargée, ce qui favorise la formation de sous-produits.
Le temps de séjour s'allonge
Plus l'eau reste longtemps dans les canalisations, plus la réaction chlore / matière organique se poursuit. Et pour garder une protection suffisante par forte chaleur, on chlore parfois un peu plus.
Ces facteurs sont bien identifiés par les agences régionales de santé. L'ARS des Pays de la Loire pointe, en période d'étiage (les basses eaux de l'été, souvent aggravées par la sécheresse), le rôle de la température, du temps de séjour de l'eau dans le réseau et des pics de matière organique dans l'eau brute, tous favorables à la formation des sous-produits. La saisonnalité estivale des trihalométhanes est par ailleurs documentée par l'INSPQ.
Ajoutez-y un dernier facteur : dans le cadre du plan Vigipirate, une surchloration est imposée (au moins 0,3 mg/L de chlore libre en sortie de réservoir, 0,1 mg/L en tout point du réseau), ce qui peut accentuer le goût. Bref, une odeur de chlore plus marquée un jour de canicule ne veut pas dire que votre eau est dangereuse. Elle veut dire que le système fait son travail dans des conditions plus difficiles.
Vrai ou faux ?
Six idées reçues sur le chlore dans l'eau. Répondez, puis vérifiez.
1. Le chlore présent dans l'eau du robinet est dangereux pour la santé.
Voir la réponse
Faux aux doses réelles. Le CIRC classe l'hypochlorite en groupe 3 (inclassable) et l'OMS n'observe aucun effet propre au chlore via l'eau de boisson. Sa valeur guide (5 mg/L) est cinquante fois supérieure à la dose du robinet.
2. Sans chlore, l'eau pourrait se recontaminer entre l'usine et le robinet.
Voir la réponse
Vrai. C'est tout l'intérêt du chlore : sa rémanence. Les alternatives autorisées (ozone, UV) désinfectent à l'usine mais ne protègent plus l'eau dans les canalisations.
3. L'odeur de « piscine » dans l'eau, c'est le chlore.
Voir la réponse
Faux. Cette odeur vient surtout de la trichloramine (du chlore combiné), perceptible dès 0,02 mg/L, et non du chlore libre désinfectant.
4. Faire bouillir l'eau élimine tous les sous-produits du chlore.
Voir la réponse
Faux. L'ébullition élimine bien les THM volatils (de 64 à 98 %), mais pas les acides haloacétiques, qu'elle peut même faire augmenter tant qu'il reste du chlore dans l'eau.
5. Les trihalométhanes sont plus élevés en été.
Voir la réponse
Vrai. Les concentrations culminent de mai à octobre, sous l'effet de la température, de la sécheresse et du temps de séjour dans le réseau.
6. Laisser l'eau reposer dans une carafe fait partir le goût de chlore.
Voir la réponse
Vrai. Le chlore libre est volatil : il s'évapore au contact de l'air, et le goût avec. À boire dans la journée, car l'eau n'est alors plus protégée des bactéries.
Retrouver une eau sans goût : ce qui marche
Bonne nouvelle : c'est le domaine où les solutions domestiques sont les plus efficaces et les mieux documentées. Encore faut-il distinguer ce qui enlève le goût (le chlore libre) de ce qui réduit les sous-produits (les THM), car ce ne sont pas les mêmes gestes.
| Solution | Efficacité | Ce qu'il faut savoir |
|---|---|---|
| Filtre à charbon actif (bloc / CTO) | Très efficace | Retient le chlore, son goût, son odeur et les THM volatils, en continu. La norme NSF/ANSI 42 certifie la réduction du chlore et du goût. |
| Laisser reposer dans une carafe | Le goût, pas les THM | Gratuit : le chlore libre s'évapore au contact de l'air et le goût s'en va. Sans effet prouvé sur les THM. Eau à consommer dans la journée, car non protégée. |
| Carafe filtrante | Surtout le goût | Réduit bien le goût du chlore, action inégale sur les polluants. Cartouche à changer toutes les 4 semaines, sinon elle recontamine l'eau. |
| Faire bouillir l'eau | Partiel et piégeux | Élimine les THM volatils, mais pas les acides haloacétiques, qu'elle peut même augmenter tant que du chlore reste présent. |
| Osmose inverse | Totale mais lourde | Élimine chlore et THM, mais rejette de l'eau, déminéralise et coûte cher. Disproportionné quand le sujet est surtout le chlore. |
Le geste le plus simple ne coûte rien : laisser l'eau reposer dans une carafe. Le chlore libre s'évapore au contact de l'air et le goût disparaît, sans filtre. Pour une action continue, sans y penser, et qui s'attaque aussi aux sous-produits volatils, le charbon actif reste la référence. Faire bouillir, en revanche, est un faux ami : c'est efficace sur les THM mais contre-productif sur d'autres sous-produits, et une minute d'ébullition ne suffit pas tant qu'il reste du chlore dans l'eau.
Côté produit
Ce qu'un purificateur au charbon actif change vraiment sur le chlore
EWEO conçoit un purificateur au charbon actif, et le chlore est justement le terrain où cette technologie est la plus à l'aise : elle retient le chlore libre, son goût, son odeur et les sous-produits volatils comme les THM. Ce n'est pas qu'une promesse. Sur ma propre eau, à Lille, un laboratoire accrédité COFRAC a mesuré 13,2 µg/L de trihalométhanes avant filtration, ramenés sous 1 µg/L après. Les résultats complets, avant / après, sont en ligne.
Trois précisions, parce qu'elles comptent. D'abord, un filtre au charbon ne désinfecte pas et ne remplace pas le chlore du réseau : on veut justement que l'eau arrive désinfectée jusqu'au robinet, le filtre n'agit qu'au dernier mètre, au point d'usage. Ensuite, une eau déjà conforme (et l'eau française l'est presque toujours pour les THM) n'a rien de dangereux : filtrer, ici, c'est du confort de goût et de la précaution, pas un sauvetage. Enfin, sur la certification : notre bloc porte les normes NSF 42, 53 et 401, mais le chiffre de réduction des THM que je cite vient d'une mesure en laboratoire sur mon eau, pas d'un listing NSF spécifique aux THM.
Voir les analyses labo avant / après →Vérifier l'eau de votre commune
Avant tout achat, le premier réflexe utile est gratuit : regarder ce que contient réellement l'eau de chez vous. Les résultats du contrôle sanitaire, trihalométhanes compris, sont publics, commune par commune, sur eaupotable.sante.gouv.fr. La fréquence des analyses dépend de la taille du réseau : plus il dessert d'habitants, plus les contrôles sont rapprochés.
Pour vous éviter de fouiller, nous avons regroupé ces données par commune, avec le contexte pour les lire, dans notre outil dédié.
- Consulter les analyses officielles de votre commune : analyse-eau-robinet ;
- Comprendre tous les polluants de l'eau et comment les réduire : le guide des polluants ;
- Voir mes propres analyses de laboratoire, avant et après filtration : résultats labo.
Pour l'immense majorité des foyers, la consultation des données publiques suffit : si votre eau est conforme, le seul « problème » du chlore est son goût, et il se règle avec un bon filtre.
Questions fréquentes
Toutes les sources
Les principales sources de ce dossier, regroupées par thème.
Réglementation et cadre
- Arrêté du 11 janvier 2007 (limites et références de qualité : THM 100 µg/L, bromate 10 µg/L, chlore résiduel qualitatif) : legifrance.gouv.fr
- Arrêté du 30 décembre 2022 (transposition de la directive UE 2020/2184) : legifrance.gouv.fr
- Directive (UE) 2020/2184 relative à la qualité des eaux destinées à la consommation humaine (HAA 60 µg/L) : eur-lex.europa.eu
- OMS, valeurs guides pour le chlore et ses sous-produits (Directives 4ᵉ éd., tableau 8.17) : ncbi.nlm.nih.gov
- CIEau, plan Vigipirate et chloration renforcée : cieau.com
Rôle du chlore, occurrence et mesures
- ANSES, le chlore dans l'eau du robinet : pourquoi et peut-on s'en passer (2026) : anses.fr
- Centre d'information sur l'eau, pourquoi y a-t-il du chlore dans l'eau : cieau.com
- Corso, Galey, Seux, Beaudeau (Santé publique France), exposition aux THM en France, IJERPH 2018 : ncbi.nlm.nih.gov
- Mouly et al., évolution des THM entre l'usine et le robinet, Water Research 2010 : sciencedirect.com
- Cool et al., prédominance du chloroforme et THM bromés, Scientific Reports 2016 : ncbi.nlm.nih.gov
Santé
- Evlampidou, Villanueva et al., cancers de la vessie attribuables aux THM en Europe, EHP 2020 : ncbi.nlm.nih.gov
- Helte et al., méta-analyse dose-réponse THM et cancer de la vessie, EHP 2025 : ncbi.nlm.nih.gov
- CIRC / IARC, chloroforme (groupe 2B), monographie vol. 73 : inchem.org
- OMS, fiche chlore (hypochlorite groupe 3, valeur guide 5 mg/L) : who.int
- OMS, priorité de la désinfection sur les sous-produits (Directives 4ᵉ éd.) : ncbi.nlm.nih.gov
- CDC, histoire de la désinfection de l'eau et recul de la typhoïde : cdc.gov
Goût, saison et filtration
- OMS, acceptabilité (goût, odeur, trichloramine), Directives 4ᵉ éd. : ncbi.nlm.nih.gov
- ARS Pays de la Loire, préconisations pour réduire les sous-produits (température, étiage, temps de séjour) : ars.sante.fr
- INSPQ, fiche trihalométhanes (saisonnalité) : inspq.qc.ca
- Krasner & Wright, effet de l'ébullition sur les THM et les acides haloacétiques, Water Research 2005 (hébergé US EPA) : epa.gov
- ANSES, bon usage des carafes filtrantes (2017) : anses.fr
- CIEau, précautions d'usage des carafes filtrantes : cieau.com
Dossier publié le 9 août 2026 par Maxime Armani, créateur d'EWEO. Données à jour à cette date. Réutilisation libre avec citation et lien vers eweo.fr/chlore-eau-robinet.
Pour aller plus loin