Santé & environnement

Pourquoi filtrer
l'eau du robinet ?

L'eau du robinet peut contenir des substances que vous ne voudriez pas boire : chlore, pesticides, PFAS, microplastiques, résidus médicamenteux.

M
Maxime, créateur d'EWEO  · 

Il existe des normes — plus ou moins strictes et plus ou moins bien respectées — et l'eau est, dans la grande majorité des cas, potable. Mais cela ne signifie pas pour autant qu'elle soit parfaitement saine. Selon les aléas climatiques ou les situations locales, il arrive que les limites sanitaires soient ponctuellement dépassées.

Pour vous faire une idée, vous pouvez consulter ces trois cartes (elles ne prennent pas en compte tous les polluants, mais offrent une bonne vision d'ensemble du problème) :

🗺️ Carte UFC Que Choisir — qualité de l'eau par commune ↗ quechoisir.org 🗺️ Carte France Info — pesticides, PFAS, nitrates en France ↗ franceinfo.fr 🗺️ Dans mon eau — données par département ↗ dansmoneau.fr 🔍 Analyser mon eau avec EWEO — données officielles du Ministère de la Santé, par commune

On y voit clairement que de nombreuses zones ne sont pas testées pour certains polluants et que, selon les régions, les concentrations peuvent être élevées, voire préoccupantes.

Les études restent limitées : nous manquons encore de recul sur beaucoup de ces substances. Plus les techniques d'analyse progressent, plus on en découvre de nouvelles. Il faudra probablement des années pour comprendre pleinement leurs effets réels, et encore davantage pour étudier l'impact de ce « cocktail » de substances qui, combinées, pourraient amplifier les risques.

C'est suffisant pour agir.

Les différents polluants dans l'eau potable

Voici ce qu'on retrouve dans l'eau du robinet — et ce qui fonctionne vraiment pour le filtrer.

  • L'eau du robinet est potable — mais potable ne signifie pas sans traces de substances indésirables.
  • Le chlore élimine bactéries et virus dans le réseau, mais laisse un goût et peut former des sous-produits (THM) à long terme.
  • Les pesticides dépassent les limites réglementaires dans plus d'un tiers des eaux souterraines françaises — y compris leurs métabolites, souvent non mesurés.
  • Les PFAS (polluants éternels) sont présents dans les réseaux de millions de foyers. Ils s'accumulent dans l'organisme et ne se dégradent pas.
  • Les microplastiques sont omniprésents. Leurs effets à long terme sur la santé sont encore à l'étude.
  • Un filtre à charbon actif certifié NSF élimine efficacement chlore, pesticides, PFAS et microplastiques — sans toucher aux minéraux essentiels.
Lire l'analyse complète ↓

️ Du chlore Filtré par EWEO

Le chlore est ajouté à l'eau potable pour la désinfecter : il élimine bactéries, virus et autres micro-organismes potentiellement dangereux. C'est aussi lui qui permet de préserver la qualité sanitaire de l'eau tout au long du réseau de distribution : sans chlore, l'eau pourrait se recontaminer entre l'usine et votre robinet.

S'il est largement utilisé, c'est parce qu'il est efficace, économique et durable, contrairement à l'ozone ou aux UV qui ne laissent aucun effet rémanent.

Quels risques ?

Aux concentrations présentes dans l'eau potable, le chlore est considéré comme sans danger pour la santé. Mais il présente malgré tout quelques inconvénients :

  • Goût et odeur : principal reproche, ce fameux « goût de piscine » que certains trouvent désagréable
  • Irritations légères : chez les personnes sensibles, il peut provoquer de petites irritations cutanées ou oculaires
  • Sous-produits de désinfection (THM) : au contact de la matière organique, le chlore peut former des trihalométhanes, des composés dont les effets à long terme font encore l'objet d'études

Comment réduire le goût de chlore ?

  • Filtre à charbon actif — très efficace, élimine le chlore libre et réduit les sous-produits (THM)
  • Carafe filtrante — efficace sur le chlore et le goût, solution d'entrée de gamme
  • Laisser reposer l'eau 1–2h dans une carafe ouverte : le chlore libre s'évapore partiellement
  • Privilégier l'eau froide : moins chlorée que l'eau chaude qui traverse le chauffe-eau

Des microparticules Filtré par EWEO

L'eau qui arrive jusqu'à notre robinet peut contenir du sable, des résidus, de la rouille ou d'autres particules en suspension. Ces éléments proviennent souvent de l'état du réseau de distribution : des canalisations anciennes qui s'érodent, des dépôts qui se décrochent avec les variations de pression, ou encore des travaux récents qui remettent en circulation des particules accumulées depuis longtemps. Ces phénomènes ne signifient pas que l'eau est dangereuse, mais ils montrent que le chemin entre l'usine et le robinet n'est pas exempt de perturbations.

À cela s'ajoutent les microplastiques, de minuscules fragments de plastique invisibles à l'œil nu. Ils proviennent de multiples sources : dégradation des plastiques dans la nature, fibres textiles libérées lors des lavages, abrasion des matériaux synthétiques, déchets industriels ou même usure des réseaux d'assainissement. Ces particules sont aujourd'hui omniprésentes dans l'environnement, au point d'être détectées dans les océans, les sols, l'air… et dans l'eau potable.

Même si les usines de traitement de l'eau éliminent une grande partie des particules classiques, les microplastiques sont souvent trop petits, trop variés et trop nombreux pour être entièrement filtrés. Leur taille varie du millimètre au micromètre — en dessous de 1 µm, on parle de nanoplastiques, encore plus difficiles à détecter et à éliminer. Cette variété de tailles rend leur capture particulièrement complexe. Les scientifiques sont encore en train d'en étudier les effets potentiels, mais leur présence dans le cycle de l'eau témoigne d'un phénomène global, difficile à maîtriser.

Quels risques ?

Ce qui inquiète le plus, ce n'est pas tant leur présence que le manque de recul scientifique. Les recherches se poursuivent, en particulier sur :

  • les particules les plus fines, comme les nanoplastiques
  • les effets potentiels d'une exposition chronique
  • leur impact sur le système immunitaire, l'inflammation ou d'autres mécanismes biologiques

Peut-on réduire sa consommation de microparticules ?

  • Notre filtre à sédiments — élimine les particules en suspension (sable, rouille, dépôts)
  • Filtre à charbon actif — complète le filtre à sédiments, réduit les microplastiques plus fins
  • Système à osmose inverse — solution la plus complète, retient la quasi-totalité des particules y compris les nanoplastiques
  • Éviter les bouteilles et gourdes en plastique abîmé : elles libèrent davantage de microplastiques

Des pesticides Filtré par EWEO

Les pesticides utilisés en agriculture, dans les jardins, sur les voiries ou dans certaines activités industrielles peuvent s'infiltrer dans les nappes phréatiques, ruisseler vers les rivières ou s'accumuler dans les sols. Beaucoup de ces substances — en particulier les molécules anciennes et persistantes — peuvent rester très longtemps dans l'environnement.

L'eau brute (c'est-à-dire avant traitement) peut donc contenir des traces de pesticides, mais aussi leurs produits de dégradation, appelés métabolites. Parfois, ces métabolites sont encore plus résistants ou plus mobiles que la molécule d'origine, ce qui complique leur élimination.

Les usines de traitement de l'eau réussissent à en retirer une grande partie, notamment grâce au charbon actif ou à certaines étapes de filtration avancée. Cependant, des résidus peuvent subsister, surtout dans les régions où l'agriculture est très présente ou lorsque les pluies entraînent de fortes phases de ruissellement.

Ce sujet est d'autant plus préoccupant que :

  • de nouvelles molécules et métabolites sont régulièrement détectés grâce à l'amélioration des techniques d'analyse
  • certaines substances sont trouvées à des concentrations variables selon les saisons
  • les effets à long terme d'une exposition répétée, même à faibles doses, sont encore mal connus
  • les cocktails de molécules (même en petites quantités) pourraient avoir des effets cumulés ou synergétiques
« Les limites réglementaires des pesticides dans l'eau potable sont régulièrement dépassées dans les régions agricoles du nord de la France et dans une moindre mesure dans l'Ouest. Dans le détail, on observe notamment des concentrations élevées de chloridazone desphényl, une substance issue de la dégradation d'un herbicide utilisé principalement dans la culture des betteraves des années 1960 jusqu'en 2020. Malgré son interdiction, il reste très présent dans les réseaux d'eau du bassin agricole parisien et du nord de la France. »
Extrait de l'article de franceinfo en date du 16/10/2025

Lien vers l'article : franceinfo.fr

Et ici une vidéo sur les métabolites : franceinfo.fr — Métabolites de pesticides

Ici un rapport du ministère de la santé datant de décembre 2025 sur les données 2024 (les images ci-dessous en sont tirées) : sante.gouv.fr — Bilan qualité pesticides 2024

⚠️ Rapport Générations Futures : selon l'association, 71 % des métabolites de pesticides à risque pour l'eau potable n'ont fait l'objet d'aucun suivi dans les eaux souterraines ou l'eau potable.
Lire le rapport complet →

Quels risques ?

Les études disponibles évoquent plusieurs effets potentiels liés à une exposition prolongée à certains pesticides, notamment :

  • des perturbations hormonales, car plusieurs molécules agissent comme perturbateurs endocriniens
  • des effets neurologiques ou sur le développement, en particulier lors d'une exposition pendant la grossesse ou la petite enfance
  • des risques cancérogènes, identifiés pour certaines familles de pesticides ou leurs métabolites

Comment réduire son exposition ?

  • Filtre à charbon actif certifié (NSF/ANSI 53 ou équivalent) — efficace sur la majorité des pesticides et leurs métabolites à longues chaînes
  • Système à osmose inverse — solution la plus complète, élimine pesticides et métabolites y compris les plus résistants
  • L'eau en bouteille n'est pas une garantie : certaines eaux de source peuvent contenir des résidus selon leur zone de captage

️ Des PFAS (polluants éternels) Filtré par EWEO

Les PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées) forment une très grande famille de composés chimiques utilisés depuis les années 1950 pour leurs propriétés anti-adhésives, imperméabilisantes et résistantes à la chaleur.

On les retrouve dans de nombreux produits du quotidien : poêles antiadhésives, textiles imperméables, mousses anti-incendie, emballages alimentaires, peintures, traitements industriels, etc.

On les surnomme les « polluants éternels » car ils se dégradent extrêmement lentement. Une fois rejetés, ils se dispersent facilement dans l'environnement et peuvent contaminer les nappes phréatiques, les rivières, les sols, notamment autour de sites industriels, d'aéroports ou de zones d'entraînement des pompiers.

Les stations de traitement de l'eau parviennent à en éliminer une partie, mais certains PFAS sont particulièrement difficiles à filtrer, même avec des techniques avancées. C'est pourquoi on observe des niveaux très variables selon les régions, parfois en dessous des seuils réglementaires, parfois au-delà.

Pour mieux visualiser la situation, voici une carte (données du 6 août 2025) recensant les communes où la concentration en PFAS dépasse les limites fixées par les autorités sanitaires : franceinfo.fr — Carte PFAS

Quels risques ?

Contrairement au chlore ou aux microplastiques, les PFAS sont associés à plusieurs effets sanitaires potentiels, en cas d'exposition prolongée.

Risques identifiés (selon les études épidémiologiques) :

  • impacts possibles sur le système immunitaire
  • augmentation du cholestérol sanguin
  • perturbation hormonale
  • effets sur la fertilité
  • augmentation du risque de certains cancers pour quelques PFAS spécifiques (ex. PFOA)

Les autorités sanitaires fixent des seuils, mais selon l'UFC-Que Choisir et Générations Futures, ces substances sont omniprésentes et mal réglementées :

« Générations Futures et l'UFC-Que Choisir ont analysé 33 PFAS dans l'eau potable de 30 communes françaises. Les résultats sont alarmants :

Le TFA, un résidu notamment de certains pesticides, a été détecté dans 24 prélèvements sur 30, notamment à Paris ou dans des communes des agglomérations de Poitiers et Orléans.

Certaines zones, comme Tours ou les environs de Rouen, présentent un véritable cocktail chimique, avec respectivement 10 et 11 PFAS différents relevés dans un seul prélèvement.

Malgré ces découvertes alarmantes, ces concentrations en PFAS (hors TFA) restent conformes à la norme choisie par la France (somme de 20 PFAS spécifiques limitée à 100 ng/l), bien moins strictes que celles d'autres pays. À titre de comparaison :

Avec la norme américaine (4 ng/l pour 2 PFAS), 6 prélèvements (sur 30) dont ceux de Rouen et Amiens seraient considérés comme non conformes.

Avec la future norme danoise sur les PFAS, encore plus stricte, (2 ng/l pour la somme de 4 molécules spécifiques), 15 prélèvements (sur 30) dépasseraient les seuils admissibles, notamment à Bordeaux et Lyon.

Par ailleurs, les concentrations de TFA détectées excéderaient la limite applicable aux pesticides dans 20 prélèvements sur 30. Une situation d'autant plus préoccupante que cette substance n'est pas recherchée dans les contrôles réglementaires en France.

Si l'on appliquait simultanément les normes danoises sur les PFAS et les seuils français pour les pesticides, plus de 80 % des prélèvements (25 sur 30) ne respecteraient pas au moins l'une de ces exigences. Ces comparaisons montrent clairement à quel point la France adopte une approche peu exigeante pour la protection des consommateurs. »
Source : generations-futures.fr

Comment réduire son exposition ?

  • Filtre à charbon actif certifié — efficace sur les PFAS à longues chaînes, peu ou pas efficace sur les PFAS à courtes chaînes (comme le TFA)
  • Les systèmes à osmose inverse sont les plus efficaces
  • L'eau en bouteille n'est pas une garantie : certaines marques contiennent aussi des PFAS

️ Des métaux lourds

On peut retrouver dans l'eau potable différents métaux comme le plomb, le cuivre, le nickel, le chrome, l'arsenic, le cadmium ou encore le mercure. Leur présence peut avoir plusieurs origines.

La première source provient souvent des canalisations anciennes ou des installations domestiques. Le plomb, par exemple, peut encore être relargué par de vieilles conduites installées avant les années 1950. Le cuivre, lui, peut se dissoudre lorsque l'eau stagne dans des tuyaux récents, surtout si l'eau est naturellement corrosive. Même si les réseaux publics ont été largement modernisés, les installations privées restent parfois un point faible.

D'autres métaux, comme l'arsenic, le nickel ou le chrome, peuvent être naturellement présents dans les sols et les roches, ce qui les rend détectables dans certaines eaux souterraines. Leur concentration dépend alors directement de la géologie locale.

Les activités industrielles peuvent également contribuer à la présence de métaux dans l'environnement. Les anciens sites métallurgiques, les opérations de galvanisation ou certaines pollutions historiques ont pu contaminer durablement les sols et les nappes, parfois sur plusieurs générations.

Enfin, la corrosion du réseau joue un rôle non négligeable. Lorsque l'eau est trop douce ou trop acide, elle peut dissoudre davantage les métaux qu'elle rencontre au passage, ce qui augmente leur concentration au robinet.

Quels risques ?

Les risques dépendent du métal, de la dose et de la durée d'exposition.

Plomb

  • Effets sur le développement neurologique des enfants, baisse du QI, troubles du comportement
  • Pas de seuil considéré totalement sans risque

ℹ️ C'est pour cette raison qu'EWEO utilise des raccords en acier inoxydable et non en laiton — le laiton contient du plomb, susceptible de migrer dans l'eau au contact prolongé.

Cuivre

  • Essentiellement irritations digestives (nausées, douleurs) si niveaux élevés
  • Nécessaire à l'organisme, mais en excès, c'est toxique

Arsenic

  • À fortes expositions prolongées : risques cancérigènes documentés
  • Surveillé dans les zones naturellement riches en arsenic

Nickel / Chrome

  • Allergies cutanées (nickel)
  • Certains composés du chrome sont toxiques ou cancérigènes à haute dose (chrome VI)

Comment réduire son exposition ?

  • Laisser couler l'eau froide 30 secondes après une longue stagnation (nuit, vacances) — réduit significativement le plomb et le cuivre dissous
  • Système à osmose inverse — méthode la plus efficace contre les métaux lourds
  • Résines échangeuses d'ions — efficaces pour le plomb et les nitrates
  • Le charbon actif seul est insuffisant contre la plupart des métaux lourds
  • Faire remplacer les canalisations en plomb dans les habitations antérieures à 1950 — seule solution définitive contre le plomb
  • Toujours utiliser l'eau froide du robinet pour boire et cuisiner — l'eau chaude dissout davantage les métaux des canalisations

Des nitrates

Les nitrates (NO₃⁻) sont des composés naturellement présents dans les sols, mais leurs concentrations ont fortement augmenté avec les activités humaines. L'usage massif d'engrais agricoles, l'élevage intensif, certaines eaux usées ou encore la décomposition de matière organique contribuent à en libérer de grandes quantités dans l'environnement.

Particulièrement solubles, les nitrates se déplacent facilement et peuvent rejoindre aussi bien les rivières que les nappes phréatiques. On en retrouve surtout dans les régions agricoles, où les engrais se diffusent progressivement dans les eaux brutes malgré les bonnes pratiques mises en place ces dernières années. Leur solubilité fait qu'ils sont difficiles à éliminer complètement, même avec des traitements sophistiqués.

Les usines de traitement de l'eau parviennent à en réduire une partie grâce à différentes techniques — comme la dénitrification biologique, les résines échangeuses d'ions ou parfois la dilution — mais ces méthodes ne suffisent pas toujours à ramener les concentrations à des niveaux très bas.

En France comme en Europe, les nitrates sont strictement réglementés dans l'eau potable, car des niveaux excessifs peuvent poser des risques pour la santé, notamment chez les nourrissons. Les autorités surveillent donc de près leur présence dans les réseaux d'alimentation.

Quels risques ?

Les risques dépendent surtout de la dose et de la population exposée.

  • Pour les adultes : aux niveaux présents dans l'eau potable réglementée, les nitrates ne posent généralement pas de risque
  • Pour les nourrissons : les nitrates peuvent se transformer en nitrites, qui peuvent provoquer une pathologie rare appelée méthémoglobinémie (ou « syndrome du bébé bleu »). C'est pour protéger les bébés que les normes sont très strictes

Des études examinent aussi des liens potentiels entre nitrates élevés et d'autres effets (cancers, thyroïde), mais les données restent incertaines.

Comment réduire son exposition ?

  • Système à osmose inverse — seule méthode domestique vraiment efficace contre les nitrates (élimination > 90%)
  • Résines échangeuses d'ions — alternative efficace, utilisée dans les stations de traitement
  • Le charbon actif et les carafes filtrantes sont inefficaces sur les nitrates
  • Les nourrissons de moins de 4 mois dans les zones dépassant 50 mg/L doivent utiliser une eau embouteillée adaptée

Des résidus médicamenteux Filtré par EWEO

Lorsqu'on parle de résidus médicamenteux, on fait référence aux traces laissées par les médicaments dans l'environnement et, parfois, dans l'eau potable. Il peut s'agir de molécules issues des traitements humains — comme les antalgiques, les antibiotiques, certaines hormones ou encore des médicaments antiépileptiques — mais aussi de médicaments vétérinaires utilisés en élevage. À cela s'ajoutent les produits hormonaux, comme ceux présents dans certaines contraceptions, ainsi que les produits de dégradation issus de la transformation naturelle de ces substances une fois rejetées dans l'environnement.

Ces résidus arrivent dans les eaux usées principalement après leur utilisation ou leur élimination par les humains et les animaux. Une partie est traitée dans les stations d'épuration, mais certaines molécules sont particulièrement persistantes, ce qui leur permet de passer à travers les systèmes de traitement classiques ou même de se retrouver dans les milieux naturels avant d'atteindre les ressources en eau potable.

Les usines de traitement de l'eau parviennent à en éliminer une grande partie, mais certaines molécules, très stables ou très petites, restent difficiles à filtrer complètement. Cela explique pourquoi on peut détecter des traces infimes dans l'eau du robinet. Les concentrations observées sont toutefois extrêmement faibles, généralement de l'ordre du nanogramme à quelques microgrammes par litre, soit des quantités minimes comparées aux doses thérapeutiques.

Quels risques ?

C'est un sujet très discuté car les doses trouvées sont très faibles et les effets potentiels à long terme sont encore mal connus mais certaines molécules sont actives même à faible dose (hormones).

Ce que l'on sait :

  • Aucun effet aigu n'a été mis en évidence aux niveaux observés dans l'eau potable
  • Les concentrations sont en moyenne 10 000 à 1 000 000 de fois plus faibles qu'une dose thérapeutique
  • Les risques connus sont donc considérés comme faibles

Ce qui reste incertain :

  • effets cumulés de nombreuses molécules en même temps (effet cocktail)
  • exposition chronique sur plusieurs décennies
  • impacts sur les nourrissons, les femmes enceintes ou les personnes fragiles
  • perturbations endocriniennes possibles pour certaines hormones à très faible dose

La recherche avance, mais les conclusions sont encore prudentes.

Comment les réduire dans l'eau ?

  • Système à osmose inverse — solution la plus efficace, réduit significativement les résidus médicamenteux
  • Charbon actif certifié NSF 401 — efficace sur certaines molécules organiques mais pas toutes (efficacité variable selon les hormones)
  • L'eau en bouteille n'est pas une garantie : certaines sources contiennent également des traces de résidus

Des solvants / COV Filtré par EWEO

Les COV (Composés Organiques Volatils) regroupent un grand nombre de substances chimiques qui s'évaporent facilement. Ils sont largement utilisés dans l'industrie comme solvants, dégraissants ou agents intermédiaires, ce qui explique leur présence diffuse dans l'environnement. Dans l'eau potable, les autorités sanitaires surveillent particulièrement certaines molécules comme le trichloroéthylène (TCE), le tétrachloroéthylène (PCE), le benzène, le toluène, le xylène, ainsi que le chloroforme et d'autres dérivés halogénés — certains pouvant être générés directement lors de la chloration de l'eau.

Les COV peuvent contaminer les ressources en eau de plusieurs façons. Les activités industrielles, notamment la métallurgie, le nettoyage à sec ou certaines usines chimiques, ont longtemps utilisé ces solvants, et leurs rejets ont pu s'infiltrer dans les sols. De nombreuses pollutions historiques subsistent encore aujourd'hui, car les fuites anciennes s'enfoncent profondément dans le sous-sol et remontent très lentement. Les stations-service, les dépôts de carburant ou certains accidents de transport ont également laissé des traces persistantes dans l'environnement.

Ces substances ont la particularité de migrer progressivement au fil des années, ce qui leur permet d'atteindre les nappes phréatiques même longtemps après la pollution initiale. À cela s'ajoute la formation de certains COV, comme le chloroforme, directement au sein des réseaux d'eau potable, notamment lors du contact entre le chlore et la matière organique.

Quels risques ?

Les risques dépendent fortement du type de COV :

  • Benzène : cancérogène avéré par inhalation et par ingestion — classé cancérogène de groupe 1 par le CIRC
  • TCE / PCE : classés cancérogènes probables ou possibles ; effets sur foie, reins, système nerveux si exposition prolongée élevée

Comment réduire son exposition ?

  • Filtre à charbon actif certifié NSF 53 pour les COV — très efficace sur la majorité des COV, notamment le benzène, le TCE et le chloroforme
  • Système à osmose inverse — efficace en complément pour les COV les plus persistants
  • Aération : laisser reposer l'eau dans une carafe ouverte réduit partiellement les composés volatils
  • Toujours utiliser l'eau froide pour boire — l'eau chaude libère davantage de COV volatils

Des sous-produits du chlore Filtré par EWEO

Les sous-produits de désinfection sont des composés qui se forment lorsque le chlore — ou d'autres agents désinfectants comme la chloramine ou le dioxyde de chlore — entre en contact avec la matière organique naturellement présente dans l'eau. Cette matière peut provenir de feuilles en décomposition, de micro-organismes, de petites particules issues des sols ou encore de résidus organiques transportés par les rivières et nappes.

Lors de ces réactions chimiques, différents types de sous-produits peuvent apparaître. Parmi les plus connus figurent les trihalométhanes (comme le chloroforme) et les acides haloacétiques, mais aussi les chlorites, les chlorates ou encore certains composés comme le bromate lorsque l'eau est ozonée en présence de bromures. Chacun de ces composés se forme selon le type de désinfectant utilisé, la quantité de matière organique et les conditions de traitement.

La chloration reste indispensable pour garantir une sécurité microbiologique sur tout le réseau de distribution : elle permet d'éliminer les bactéries et d'éviter toute recontamination entre l'usine et le robinet. Mais parce que le chlore est un agent très réactif, il suffit que l'eau contienne un peu de matière organique pour que ces sous-produits se forment en petites quantités.

Quels risques ?

  • Certains THM (comme le chloroforme) sont suspectés d'être cancérogènes à forte exposition
  • Les HAA peuvent avoir des effets sur le foie ou le génome à des niveaux élevés
  • Les chlorites/chlorates peuvent agir sur la thyroïde à forte dose

En pratique, les concentrations autorisées sont très basses et fixées avec des marges de sécurité élevées. L'eau potable respecte en général des niveaux bien en dessous des seuils où des effets seraient observés. Le bénéfice de la désinfection l'emporte très largement.

Comment réduire leur formation ?

Chez l'usager, il n'y a pas d'action directe sur la formation, mais on peut réduire les concentrations dans un verre ou une carafe :

  • Filtre à charbon actif — efficace sur les THM et une partie des acides haloacétiques
  • Système à osmose inverse — élimine la quasi-totalité des sous-produits de désinfection
  • Laisser reposer l'eau 1–2h dans une carafe ouverte : les THM volatils (comme le chloroforme) diminuent partiellement

️ De l'aluminium

L'aluminium est un métal léger naturellement présent dans les sols et les roches. On peut donc en retrouver, à l'état de traces, dans certaines eaux brutes, notamment dans les zones montagneuses ou acides où l'aluminium est plus facilement mobilisé. Mais la principale source d'aluminium dans l'eau potable provient du traitement de l'eau lui-même.

De nombreuses usines utilisent en effet des sels d'aluminium, comme le sulfate d'aluminium, pour faciliter la clarification de l'eau. Ces produits jouent un rôle de coagulants : ils permettent aux particules fines et aux impuretés de se regrouper en flocons plus gros, qui seront ensuite éliminés lors des étapes de décantation et de filtration. Ce procédé est très efficace pour améliorer la limpidité de l'eau et retirer une grande partie des matières en suspension.

La quasi-totalité de l'aluminium ajouté est éliminée au cours du traitement, mais de très petites quantités peuvent parfois rester dans l'eau distribuée. Ces traces sont généralement faibles et bien en dessous des limites réglementaires, mais elles peuvent varier selon la qualité de l'eau brute, le pH, la méthode de traitement utilisée et l'état des installations.

Quels risques ?

  • L'aluminium est peu absorbé par le système digestif : l'essentiel est éliminé par l'organisme
  • Des hypothèses ont été formulées sur un lien avec la maladie d'Alzheimer, mais l'ANSES et l'OMS (2022) concluent qu'il n'existe pas de lien démontré entre l'aluminium de l'eau potable et cette maladie — les doses sont sans commune mesure avec les expositions industrielles
  • Les personnes ayant une insuffisance rénale sévère sont plus sensibles à une accumulation d'aluminium (mais l'alimentation et les médicaments représentent une source bien plus importante que l'eau)

Comment réduire son exposition ?

Ce n'est généralement pas nécessaire, mais si souhaité :

  • Système à osmose inverse — efficace pour éliminer l'aluminium résiduel
  • Filtre à charbon actif — efficacité partielle et variable selon le pH
  • Pour un réseau privé (puits) : corriger le pH vers 7–8 réduit la solubilité de l'aluminium

Des contaminants microbiologiques

Les agents microbiologiques que l'on peut retrouver dans l'eau brute — c'est-à-dire avant son passage à l'usine de traitement — appartiennent principalement à trois grandes familles : les bactéries, les virus et les protozoaires (parasites). Parmi les bactéries les plus courantes, on retrouve par exemple E. coli, les entérocoques, Campylobacter, Salmonella, ou encore Legionella, cette dernière étant surtout associée aux réseaux d'eau chaude. Du côté des virus, les norovirus, rotavirus, les virus des hépatites A et E ou encore les adénovirus peuvent être détectés. Les protozoaires comme Cryptosporidium et Giardia sont également connus pour leur résistance dans l'environnement et leur capacité à contaminer l'eau.

Ces micro-organismes proviennent le plus souvent des eaux usées, du ruissellement agricole, des déjections animales ou de contaminations ponctuelles liées à l'environnement. Après de fortes pluies ou lors de crues, l'eau peut charrier davantage de bactéries et atteindre les zones de captage, ce qui augmente temporairement la charge microbienne. À cela peuvent parfois s'ajouter des défaillances locales dans la chaîne de traitement, des incidents dans le réseau de distribution ou, dans certains cas particuliers, un réseau d'eau chaude mal entretenu, propice à la prolifération des légionelles.

Les traitements de potabilisation en France sont conçus pour éliminer ou inactiver ces agents microbiologiques à des niveaux très stricts, mais ces exemples montrent que l'eau brute peut contenir une grande variété de micro-organismes avant d'être rendue potable.

Quels risques ?

Les risques microbiologiques sont les plus immédiats et les plus sérieux lorsqu'ils ne sont pas contrôlés.

Effets possibles :

  • Gastro-entérites
  • Fièvres, vomissements, diarrhées
  • Hépatites (certains virus)
  • Infections sévères chez les personnes fragiles (nourrissons, personnes âgées, immunodéprimées)

Les maladies d'origine microbienne sont de loin la raison principale pour laquelle on désinfecte l'eau au chlore.

Comment les neutralise-t-on ?

Les usines de traitement multiplient les barrières : filtration, décantation / clarification, charbon actif, désinfection (chlore, ozone, UV). Le chlore est le seul qui garantit une désinfection durable dans tout le réseau, évitant toute recontamination avant l'arrivée au robinet.

Que peut faire un particulier ?

  • Laisser couler quelques secondes l'eau si elle a stagné longtemps
  • Entretenir son chauffe-eau et régler la température > 55 °C pour éviter les légionelles
  • En cas d'avis sanitaire local (rare) : faire bouillir l'eau pendant 1 minute pour la boire
  • Les filtres domestiques (charbon actif, osmose inverse) ne désinfectent pas l'eau — ils ne remplacent pas la chloration du réseau public

️ Du CVM Filtré par EWEO

Le CVM (Chlorure de Vinyle Monomère) est un composé organochloré utilisé principalement dans la fabrication du PVC, un plastique très répandu dans les canalisations, les revêtements et de nombreux matériaux industriels. C'est une substance volatile, connue pour être cancérogène avérée en cas d'exposition importante, notamment dans les contextes professionnels où l'on fabriquait ou manipulait ce produit avant les réglementations actuelles.

Sa présence dans l'eau potable est aujourd'hui rare, mais elle reste possible dans des situations particulières. Les tuyaux en PVC fabriqués entre les années 1960 et 1980 pouvaient parfois contenir des résidus de CVM qui n'avaient pas été totalement polymérisés. Avec le vieillissement des matériaux, une infime quantité pouvait alors migrer vers l'eau, surtout lorsque les conditions (température, stagnation, qualité du PVC) favorisaient cette migration.

Depuis, les normes de fabrication ont largement évolué et les PVC modernes ne relarguent quasiment plus de CVM. Les contrôles sont stricts, tant sur les matériaux utilisés que sur les concentrations admissibles dans l'eau potable. Aujourd'hui, les risques sont donc considérés comme très faibles, même si la surveillance reste active pour les anciens réseaux susceptibles d'en contenir.

Quels risques ?

Le CVM est un produit connu pour :

  • être cancérogène (angiosarcome du foie en exposition prolongée professionnelle)
  • entraîner des effets toxiques sur le foie à forte dose
  • provoquer des effets hépatiques à très forte dose (contexte essentiellement professionnel)

Comment l'éliminer ?

  • Filtre à charbon actif — efficace sur le CVM, composé organique volatil
  • Aération / laisser couler l'eau : le CVM étant volatil, il se dégage partiellement à l'air libre
  • Système à osmose inverse — solution complémentaire pour les cas avérés
Comment filtrer l'eau ? →
🔍 Découvrez la qualité de l'eau dans votre commune

Chlore, pesticides, trihalométhanes — consultez les données officielles du Ministère de la Santé pour n'importe quelle ville française.

Analyser mon eau du robinet →