Dossier · Le charbon actif

Le charbon actif :
capturer le pire, garder le meilleur

Une roche noire, criblée de millions de pores microscopiques. Elle piège le chlore, les pesticides et les PFAS, mais laisse filer le calcium et le magnésium dont votre eau a besoin. Ce n'est pas de la magie, c'est de la physique. Et c'est exactement ce que les usines qui potabilisent l'eau des villes utilisent avant votre robinet.

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Maxime, créateur d'EWEO  ·   ·  Lecture ~15 min

Prenez une poignée de coques de noix de coco, brûlez-les à l'abri de l'air, puis passez-les à la vapeur brûlante. Vous obtenez une matière noire, légère, banale en apparence. Sauf qu'à l'intérieur, chaque grain est un labyrinthe de pores si dense qu'un seul gramme développe une surface de plusieurs centaines de mètres carrés. C'est là-dessus que tout se joue.

Le charbon actif est sans doute le matériau de filtration le plus utilisé au monde, du masque à gaz de 1915 aux grandes usines qui potabilisent l'eau des villes, en passant par la carafe posée sur votre plan de travail. Sa particularité tient en une phrase : il est très efficace sur certaines familles de polluants (le chlore, les pesticides, de nombreux composés organiques, une partie des PFAS) et complètement transparent sur d'autres (les minéraux, les nitrates). Ce n'est pas un défaut, c'est le principe même de son fonctionnement, et c'est ce qui en fait un si bon filtre pour l'eau de boisson.

Ce dossier explique comment ça marche : d'où vient cette surface vertigineuse, pourquoi une molécule de PFAS reste collée quand un ion calcium file tout droit, ce que le charbon retient vraiment et ce qui lui échappe. Je conçois un purificateur au charbon actif : je serai donc précis sur ce qu'il fait comme sur ce qu'il ne fait pas. Chaque chiffre est sourcé.

  • Le charbon actif fonctionne par adsorption : les polluants se collent à sa surface interne, gigantesque (500 à 1 500 m² par gramme, soit quelques courts de tennis).
  • Il est très efficace sur le chlore, les pesticides, les composés organiques, le goût et les odeurs, et sur les PFAS à longue chaîne (PFOA, PFOS).
  • Il laisse passer les minéraux (calcium, magnésium, sodium) : contrairement à l'osmose inverse, il ne déminéralise pas l'eau. C'est un atout.
  • Ce qui lui échappe : les nitrates, les métaux lourds (charbon nu), les micro-organismes, et les PFAS les plus courts. Il ne désinfecte pas et n'enlève pas le calcaire.
  • C'est le procédé des usines d'eau : Paris, comme beaucoup de villes, fait passer l'eau sur du charbon actif en grains. L'EPA le classe parmi les meilleures technologies contre les PFAS.
  • Un filtre au charbon sature : il faut le remplacer, en général tous les 6 à 12 mois, avant qu'il ne relâche ce qu'il a capté.
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Une roche pas comme les autres

Le charbon actif part d'une matière première riche en carbone : le plus souvent des coques de noix de coco, mais aussi du bois, de la tourbe ou de la houille. Le choix n'est pas anodin, car il décide de la forme des pores, donc des performances :

  • Coques de noix de coco : elles donnent un charbon très riche en tout petits pores (micropores), idéal pour retenir les petites molécules organiques et le chlore. C'est le grade le plus courant pour l'eau de boisson.
  • Bois et tourbe : plutôt des pores moyens et larges, mieux adaptés aux molécules de grande taille.
  • Houille : un profil intermédiaire, fréquent en usage industriel.

La fabrication tient en deux étapes. D'abord la carbonisation : on chauffe la matière à l'abri de l'oxygène pour ne garder que le squelette de carbone. Ensuite l'activation, qui creuse le réseau de pores, soit par voie thermique (vapeur d'eau ou CO₂ vers 900 °C), soit par voie chimique (acide phosphorique). C'est cette activation qui transforme un simple charbon en charbon « actif », c'est-à-dire criblé de pores.

Deux demi-coques de noix de coco, matière première du charbon actif
Les coques de noix de coco, matière première la plus courante du charbon actif pour l'eau : elles donnent un charbon très riche en micropores.

Le tout donne un réseau de pores hiérarchisé, à trois échelles. On y reviendra plus bas avec un petit explorateur interactif, mais retenez l'idée : de larges canaux d'entrée mènent à des couloirs de distribution, qui débouchent sur une multitude de minuscules recoins où les molécules viennent se piéger.

Charbon actif en grains : petits granulés noirs et poreux
Du charbon actif en grains (CAG). C'est cette forme, en lit filtrant, qu'utilisent de nombreuses usines de potabilisation.

Un gramme, une surface vertigineuse

Toute l'efficacité du charbon actif vient d'un seul chiffre : sa surface interne. En dépliant, par la pensée, l'intérieur de tous ses pores, un gramme de charbon actif développe entre 500 et 1 500 m². C'est la surface offerte aux polluants pour venir se coller. Plus de 90 % de cette surface se cache dans les micropores, ces recoins plus petits que 2 nanomètres.

On lit parfois qu'un gramme représenterait « plusieurs terrains de football ». C'est joliment dit, mais faux : un terrain fait environ 7 000 m², donc un gramme en couvre à peine un cinquième. La bonne image, c'est plutôt quelques courts de tennis par gramme. Là où le vertige commence vraiment, c'est à l'échelle d'une cartouche entière. Faites glisser le curseur pour voir :

La surface cachée dans le charbon

Combien de charbon ? Le curseur va d'un gramme (une pincée) à 200 grammes (une cartouche).

1 gramme 1 000 m² 3,8 courts de tennis
1 g100 gune cartouche · 200 g

L'unité grandit avec la quantité : on commence en courts de tennis, puis on passe aux terrains de football (27 courts de tennis = 1 terrain). Une cartouche entière (~200 g) développe l'équivalent d'environ 29 terrains de football. Calcul à ~1 000 m²/g (fourchette réelle 500 à 1 500 m²/g selon le charbon). Repères : court de tennis 260 m², terrain de football 7 000 m².

500 à 1 500 m²
La surface interne d'un seul gramme de charbon actif
≈ 4 courts
De tennis, pour la surface d'un gramme (à ~1 000 m²/g)
≥ 90 %
De cette surface logée dans les micropores (< 2 nm)
≈ 29 terrains
De football, pour une cartouche entière (~200 g)

Le secret : l'adsorption

Le mot juste est adsorption, avec un « d », et la nuance compte. Les polluants ne pénètrent pas dans la masse du charbon (ça, ce serait de l'ab-sorption) : ils se collent à sa surface, sur les parois internes des pores. Quand l'eau traverse le filtre, les molécules indésirables s'accrochent grâce à plusieurs forces qui, prises une à une, sont faibles, mais qui se comptent par milliards :

  • Les forces de Van der Waals : de minuscules attractions entre les molécules et la paroi de carbone, sans arrêt, partout.
  • L'effet hydrophobe : les molécules qui « n'aiment pas » l'eau préfèrent quitter la solution pour se plaquer contre la surface du charbon.
  • L'empilement π-π : les molécules à noyau aromatique (de nombreux pesticides, solvants, médicaments) s'emboîtent particulièrement bien sur la structure du carbone. C'est pour ça que le charbon excelle sur cette famille-là.

De cette mécanique découle une règle simple, qui explique presque tout le reste du dossier : le charbon aime ce qui est organique et hydrophobe, et ignore ce qui est minéral et très soluble. Gardez-la en tête, c'est elle qui décide de ce qui est retenu et de ce qui passe.

Les trois échelles de pores

Cette surface ne serait rien sans une bonne plomberie. À l'intérieur de chaque grain, le réseau de pores s'organise en trois tailles, chacune avec son rôle. Glissez le curseur pour plonger dans le grain, d'un cheveu jusqu'au cœur du matériau :

0 capté
Point de repère · ~70 000 nm

À l'échelle d'un cheveu

Un cheveu fait environ 70 000 nanomètres de large. Les pores du charbon sont des milliers de fois plus petits. Plongeons à l'intérieur d'un grain.

Macropores · > 50 nm

Les portes d'entrée

Les plus larges des pores. Ils ne retiennent presque rien, mais ils sont indispensables : c'est par eux que l'eau pénètre dans le grain pour atteindre tout le réseau.

Mésopores · 2 à 50 nm

Les couloirs de distribution

De taille moyenne, ils font le lien : ils conduisent l'eau et les molécules depuis les portes d'entrée jusqu'au cœur du matériau, et retiennent au passage les plus grosses molécules.

Micropores · < 2 nm

Le cœur du réacteur

Les plus petits, et de loin les plus nombreux : plus de 90 % de la surface totale. C'est ici, au fond de ces fentes minuscules, que les polluants viennent se piéger.

Glissez le curseur pour plonger ↓
Glissez le curseur, ou cliquez directement une étape. Les vues sont des reconstitutions, pas des clichés au microscope : les proportions et les échelles sont respectées, l'aspect est reconstruit.

Pourquoi il garde les minéraux

C'est la question qui étonne le plus : comment un même filtre peut-il retenir une molécule de PFAS et laisser filer un ion calcium ? La réponse tient à la règle vue plus haut. Le calcium, le magnésium ou le sodium sont des ions minéraux, très solubles et entourés d'une « coque » de molécules d'eau. Ils n'ont aucune raison de quitter l'eau pour se coller sur une surface qui, elle, attire surtout ce qui est organique et fuit l'eau. Ils traversent donc le filtre sans être inquiétés.

Résultat : le charbon actif retient les polluants organiques et le chlore, tout en préservant les minéraux naturellement présents dans l'eau. C'est la grande différence avec l'osmose inverse, qui filtre presque tout, minéraux compris, et rend une eau déminéralisée. Voici le tri, en images :

Ce qui arrive dans le filtre ChlorePesticidesPFAS longue chaîneCOVGoût & odeursCaMgNaHCO₃
Charbon actif : les organiques se collent, les minéraux passent
Ce qui ressort au robinet CaMgNaHCO₃
Capturés par le charbon Laissés dans l'eau (minéraux)

Schéma de principe. Le charbon est très efficace sur les PFAS à longue chaîne ; les plus courts passent en partie, on y revient plus bas.

Ce qu'il retient vraiment

Le chlore et les sous-produits de désinfection

Sur le chlore, le charbon ne se contente pas d'adsorber : il déclenche une réaction chimique à sa surface. Le carbone joue le rôle de réducteur et transforme le chlore en simple chlorure, inoffensif pour le goût. Il se consomme lentement au passage, ce qui explique qu'une eau très chlorée « use » le filtre plus vite.

C + 2 Cl₂ + 2 H₂O → CO₂ + 4 HCl

Au pH de l'eau du robinet, le chlore libre est surtout présent sous forme d'acide hypochloreux (HOCl) ; le principe reste le même, le charbon le réduit en chlorure. Il capte aussi la géosmine et le 2-méthylisobornéol, responsables du goût de « terre » ou de « vase », ainsi que les trihalométhanes, ces sous-produits formés quand le chlore réagit avec la matière organique.

Pourquoi votre eau est chlorée, ce que sont vraiment les trihalométhanes et pourquoi le goût revient l'été : lire le dossier chlore complet →

Les pesticides et composés organiques

C'est le terrain de prédilection du charbon : pesticides, herbicides, solvants, hydrocarbures, composés organiques volatils (COV), et une partie des résidus de médicaments. Toutes ces molécules sont plutôt hydrophobes ou aromatiques, donc parfaitement à l'aise sur la surface carbonée.

Une exception qui confirme la règle : le glyphosate, très soluble et sans noyau aromatique, est mal retenu par le charbon standard. C'est justement parce qu'il est « hydrophile » que la surface du charbon ne l'attire pas. D'où l'intérêt des certifications, qui listent noir sur blanc les substances réellement réduites (voir plus bas).

Les PFAS, selon leur longueur

Sur les fameux « polluants éternels », le charbon actif est efficace, mais pas sur tous de la même façon. Ce qui décide, c'est la longueur de la chaîne :

  • PFAS à longue chaîne (PFOA, PFOS) : bien retenus, car assez hydrophobes pour se plaquer sur le charbon.
  • PFAS à chaîne courte (PFBA, PFBS, et surtout le TFA) : plus petits et plus solubles, ils sont nettement moins bien captés par le charbon classique.

C'est un point de sérieux, pas un aveu de faiblesse : c'est exactement pour cette raison que l'agence environnementale américaine (EPA) a retenu en 2024 le charbon actif en grains parmi les meilleures technologies disponibles contre les PFAS pour les réseaux publics, tout en reconnaissant ses limites sur les chaînes les plus courtes.

Ce qui lui échappe

Un bon filtre est un filtre dont on connaît les limites. Le charbon actif en a, et elles découlent toutes de la même règle : il ignore ce qui est minéral et très soluble. Concrètement :

Ce qui passeLe charbon ?Ce qu'il faut à la place
Minéraux (Ca, Mg, Na)VouluRien : on veut les garder. C'est un atout, pas un défaut.
NitratesNon retenusRésine échangeuse d'ions ou osmose inverse.
Métaux lourds (plomb…)Charbon nu limitéCharbon spécialement traité (certifié NSF 53) ou osmose inverse.
Micro-organismesNe désinfecte pasDésinfection UV, ozone ou chlore. Sur l'eau du réseau, déjà fait.
CalcaireSans effetAdoucisseur. C'est un autre besoin, pas de la filtration.

Rien de dramatique là-dedans : sur l'eau du robinet française, déjà potable et désinfectée, on ne cherche pas à tout retirer, mais à améliorer une eau déjà bonne en enlevant ce qui gêne (chlore, pesticides, PFAS) sans toucher aux minéraux. Le charbon est taillé pour ça.

Ce que les villes utilisent

Voici ce que peu de gens savent : le charbon actif n'est pas une invention de fabricants de carafes. C'est une étape d'affinage classique des usines qui potabilisent l'eau des villes, en grains (on parle de charbon actif en grains, ou CAG) ou en poudre. Il y sert à retirer le goût et les odeurs, les pesticides et une foule de micropolluants, avant que l'eau ne parte dans le réseau.

À Paris, l'eau « passe à travers une épaisse couche de charbon actif en grains » qui retient les derniers polluants, pour une eau « parfaitement limpide, sans goût ni odeur », explique Eau de Paris. Le Centre d'information sur l'eau le décrit même comme « le composé le plus adsorbant actuellement connu ». Certaines usines vont plus loin avec du charbon actif « biologique » : le lit de charbon héberge des bactéries qui dégradent en continu la matière organique.

Le message est simple : la technologie de votre cartouche sous l'évier est la même que celle d'une station de traitement, à une autre échelle. Quand l'EPA américaine a fixé en 2024 ses premières limites contre les PFAS, c'est encore le charbon actif en grains qu'elle a retenu parmi les meilleures technologies disponibles pour les réseaux publics. Difficile de faire plus sérieux comme référence.

Grains en station, bloc compacté chez vous

Une question logique se pose alors : si les usines utilisent du charbon en grains, pourquoi votre cartouche est-elle un bloc compact (le fameux CTO) et non des grains en vrac ? C'est le même charbon actif, sous deux formes adaptées à deux échelles.

En station, on empile des mètres de grains dans de grandes colonnes : le volume est énorme, le débit colossal, et le charbon peut être régénéré et réutilisé. Ce format n'a de sens qu'à cette taille. Chez vous, le bloc compacté (CTO) est plus adapté : en tassant le charbon, on force l'eau à traverser toute la matière, sans passage préférentiel. C'est justement le défaut d'un petit lit de grains, où l'eau finit par se creuser des chemins qui court-circuitent une partie du charbon. Le bloc retient aussi les particules au passage, et tient dans une cartouche compacte.

Autrement dit, un CTO n'est pas une version au rabais du charbon des villes : c'est la forme la mieux taillée pour un point d'eau domestique, avec le même matériau actif au cœur.

Du masque à gaz au robinet

Le charbon comme purificateur d'eau n'a rien de nouveau : l'idée traverse les siècles, mais c'est au XXe siècle qu'elle devient une technologie industrielle.

  • ~1500 av. J.-C.Les Égyptiens utilisent déjà le charbon de bois pour traiter les odeurs et purifier l'eau.
  • 1773-1785Les chimistes Scheele puis Lowitz décrivent le pouvoir du charbon à retenir gaz et mauvais goûts en solution.
  • 1881Le mot « adsorption » est forgé par le physicien Heinrich Kayser pour nommer ce phénomène de surface.
  • 1900-1901Raphael von Ostrejko brevette les deux procédés d'activation encore utilisés aujourd'hui : chimique et thermique (vapeur, CO₂).
  • 1914-1918La Première Guerre mondiale industrialise le charbon actif en grains : c'est lui qui garnit les masques à gaz.
  • Années 1920-1930Aux États-Unis, le charbon actif en poudre est adopté par les usines d'eau pour corriger le goût et les odeurs.
  • Années 1960Le charbon actif en grains se généralise en lits filtrants dans les stations de potabilisation.
  • 2016-2024Nouvel usage de pointe : contre les pesticides récents puis les PFAS, jusqu'à la réglementation américaine de 2024.

Vrai ou faux ?

Cinq idées reçues sur le charbon actif. Répondez, puis vérifiez.

1. Le charbon actif retire les minéraux comme le calcium et le magnésium.

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Faux, et c'est voulu. Les minéraux sont de petits ions très solubles que le charbon n'attire pas : ils passent à travers. Contrairement à l'osmose inverse, le charbon ne déminéralise pas l'eau.

2. Un seul gramme de charbon actif développe la surface de plusieurs courts de tennis.

Voir la réponse

Vrai. Entre 500 et 1 500 m² par gramme, soit environ 2 à 6 courts de tennis. En revanche, « plusieurs terrains de football par gramme » serait exagéré : il faut plutôt une cartouche entière pour atteindre des dizaines de terrains.

3. Le charbon actif désinfecte l'eau et tue les bactéries.

Voir la réponse

Faux. Le charbon ne désinfecte pas : il ne remplace ni le chlore, ni les UV. Le charbon argenté freine la prolifération des bactéries dans le filtre, mais ne les tue pas. Sur l'eau du réseau, déjà désinfectée, ce n'est pas un souci.

4. Le charbon actif est utilisé dans les usines qui potabilisent l'eau des villes.

Voir la réponse

Vrai. En grains ou en poudre, c'est une étape d'affinage classique. À Paris, l'eau « passe à travers une épaisse couche de charbon actif en grains » (Eau de Paris) avant d'arriver au robinet.

5. Un filtre à charbon garde son efficacité indéfiniment.

Voir la réponse

Faux. Les pores se remplissent : le charbon sature (en général en 6 à 12 mois pour un bloc domestique). Un filtre saturé peut même relâcher ce qu'il avait capté : il faut le remplacer à temps.

Saturation et durée de vie

Un filtre à charbon n'est pas éternel. Au fil des litres, ses pores se remplissent des substances captées : c'est la saturation. Une fois saturé, le charbon ne retient plus rien de neuf, et ce phénomène est irréversible à l'usage.

⚠️ Le risque du filtre trop vieux : un charbon saturé peut se mettre à relâcher une partie de ce qu'il avait retenu, notamment lors d'un changement brusque de température, de pH ou de composition de l'eau. Autrement dit, un filtre qu'on ne remplace pas peut devenir contre-productif. D'où l'importance de respecter les intervalles.

La durée de vie dépend de la qualité de l'eau, du débit et de la quantité de charbon dans la cartouche. Pour un bloc de charbon actif compacté (CTO) en usage domestique, on compte en général de 6 à 12 mois. Un signe qui ne trompe pas : le retour du goût de chlore ou d'une odeur de terre indique qu'il est temps de changer.

Deux blocs cylindriques de charbon actif compacté (CTO)
Les blocs de charbon actif compacté (CTO) : la même matière que dans les usines, moulée en cartouche pour un usage domestique.

Le purificateur EWEO

Le charbon actif, sous votre évier

EWEO reprend exactement ce principe : un préfiltre à sédiments, puis un bloc de charbon actif compacté (CTO) conforme NSF 42, 53 et 401. Il réduit le chlore, les pesticides, de nombreux composés organiques et les PFAS à longue chaîne, tout en laissant les minéraux dans votre eau. Nos analyses en laboratoire accrédité le montrent : 20 PFAS indétectables après filtration, trihalométhanes fortement réduits.

Rappel des limites vues plus haut : le charbon ne retire ni les nitrates, ni le calcaire, et le NSF 53 d'EWEO ne revendique pas le plomb. Là où le charbon suffit, il fait un travail remarquable : c'est le cas de la grande majorité des eaux du robinet françaises.

Voir les résultats de laboratoire →

Toutes les sources

Ce dossier s'appuie sur des sources publiques et vérifiables. Voici les principales, groupées par thème.

Fonctionnement et structure

  1. National Academies (NRC), « Drinking Water and Health, Vol. 2 » : charbon actif, adsorption, usage historique goût/odeur : ncbi.nlm.nih.gov
  2. IUPAC, définition des classes de pores (micro / méso / macro), Gold Book : goldbook.iupac.org
  3. Water Technology, « The basics of activated carbon adsorption » (Van der Waals, surface) : watertechonline.com
  4. Heidarinejad et al., revue sur la production et l'activation du charbon actif (Environmental Chemistry Letters, 2020) : sciencedirect.com
  5. ACS Omega, rôle de l'empilement π-π dans l'adsorption des aromatiques (2020) : pubs.acs.org

Ce qu'il retient (et ce qui lui échappe)

  1. Gagliano et al., adsorption des PFAS sur charbon actif, chaînes longues vs courtes (Water Research / Science of the Total Environment, 2020) : sciencedirect.com
  2. Étude sur l'adsorption du glyphosate (molécule hydrophile mal retenue) (Journal of Hazardous Materials, 2023) : sciencedirect.com
  3. US EPA, « PFAS rule: release and treatment methods » (le CAG parmi les meilleures technologies, 2024) : epa.gov
  4. University of Kentucky Extension, charbon imprégné d'argent bactériostatique et non désinfectant : uky.edu

Usage municipal et histoire

  1. Eau de Paris, traitements de potabilisation (« épaisse couche de charbon actif en grains ») : eaudeparis.fr
  2. Eau de Paris, le charbon actif contre les pesticides : eaudeparis.fr
  3. Centre d'information sur l'eau (CIEau), traitements d'affinage (« le composé le plus adsorbant actuellement connu ») : cieau.com
  4. US EPA, panorama des technologies de traitement de l'eau potable : epa.gov
  5. DEC / Activated Carbon Association, histoire du charbon actif (antiquité, Scheele, Kayser, von Ostrejko, masques à gaz) : dec.group

Normes et certifications

  1. NSF, contaminants émergents et périmètre de la norme NSF/ANSI 401 : nsf.org
  2. NSF International, premières certifications de filtres réduisant PFOA et PFOS (protocole P473, 2016) : prnewswire.com

Dossier mis à jour le 2 août 2026 par Maxime Armani, créateur d'EWEO. Les ordres de grandeur de surface et de durée de vie sont issus de la littérature, pas de mesures EWEO. Réutilisation libre avec citation et lien vers eweo.fr/charbon-actif.

Questions fréquentes

Le charbon actif filtre-t-il les PFAS ?+
Oui, en partie, et c'est la longueur de la molécule qui décide. Les PFAS à longue chaîne comme le PFOA et le PFOS sont bien retenus par le charbon actif ; les PFAS à chaîne courte (PFBA, PFBS, et surtout le TFA) le sont beaucoup moins. C'est la certification NSF/ANSI 53 qui atteste la réduction du PFOA et du PFOS, à vérifier avant d'acheter. Signe de sérieux du procédé : en 2024, l'agence environnementale américaine (EPA) a retenu le charbon actif en grains parmi les meilleures technologies disponibles contre les PFAS pour les réseaux d'eau publics.
Le charbon actif retire-t-il les minéraux de l'eau ?+
Non, et c'est un avantage. Le calcium, le magnésium, le sodium ou les bicarbonates sont de tout petits ions, fortement liés à l'eau et peu attirés par la surface du charbon : ils passent à travers le filtre. Le charbon cible les molécules organiques et le chlore, pas les minéraux. C'est la différence de fond avec l'osmose inverse, qui elle déminéralise l'eau presque totalement. Avec un filtre à charbon, vous gardez les minéraux naturellement présents.
Le charbon actif enlève-t-il le calcaire ?+
Non. Le calcaire, c'est du calcium et du magnésium dissous : des minéraux que le charbon actif laisse passer. Un filtre à charbon ne réduit donc pas la dureté de l'eau et ne protège pas des dépôts de tartre. Pour agir sur le calcaire, il faut un adoucisseur (résine échangeuse d'ions) ou un système à osmose inverse, qui répondent à un tout autre besoin que la filtration des polluants.
Le charbon actif rend-il l'eau potable et tue-t-il les bactéries ?+
Non, le charbon actif ne désinfecte pas l'eau : il ne remplace ni le chlore, ni l'ozone, ni les UV. Certains charbons imprégnés d'argent freinent la prolifération des bactéries à l'intérieur du filtre (effet bactériostatique), mais ils ne tuent pas les micro-organismes et ne rendent pas potable une eau qui ne l'est pas. Sur l'eau du réseau, déjà désinfectée et contrôlée, ce n'est pas un problème : le charbon vient améliorer une eau déjà potable, pas la rendre potable.
Combien de temps dure un filtre à charbon actif ?+
Pour un bloc de charbon actif compacté (CTO) en usage domestique, il faut compter en général de 6 à 12 mois, selon le débit, la qualité de l'eau et sa teneur en chlore. Avec le temps, les pores se remplissent : le charbon sature et perd son efficacité. Il faut le remplacer avant ce stade, car un filtre saturé peut relâcher une partie de ce qu'il avait capté (relargage), surtout en cas de changement brusque de température ou de composition de l'eau.
Le charbon actif est-il vraiment utilisé par les usines d'eau des villes ?+
Oui. Le charbon actif, en grains (CAG) ou en poudre (CAP), est une étape d'affinage courante des usines de potabilisation, pour éliminer le goût et les odeurs, les pesticides et divers micropolluants. À Paris par exemple, l'eau traverse une épaisse couche de charbon actif en grains avant d'arriver au robinet (Eau de Paris). Le Centre d'information sur l'eau le présente comme le composé le plus adsorbant actuellement connu. Ce n'est donc pas un gadget domestique : c'est un procédé de station de traitement, transposé sous votre évier.